Dragon Européen

Les Dragons Européens

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"Le feu a sauté des mâchoires du dragon. Il a tourné pendant un moment dans les airs au-dessus d'eux, éclairant tout le lac ; les arbres sur les rives brillaient comme du cuivre et comme du sang avec des ombres sautillantes d'un noir dense à leurs pieds. Puis il descendit en piqué... Un coup de queue et le toit de la grande maison s'effondra et s'écrasa. Des flammes inextinguibles jaillirent dans la nuit. Un autre raid, un autre, une autre maison, puis une autre s'enflamma et tomba, et aucune flèche n'entrava Smaug ou ne lui fit plus de mal qu'une mouche des marais.

--J.R.R. Tolkien, Le Hobbit, 1937

1. Le sinistre destructeur

Les dragons que l'on trouve dans les contes Européens sont forts et "mauvais". Pour les Chrétiens, ils symbolisent le diable, le péché. Certains d'entres eux crèchent dans des grottes. Souvent, c'est pour y veiller sur d'incroyables trésors.

Lorsqu'ils ont faim, ils peuvent arracher et dévorer les moutons ou le bétail qui s'approchent trop près. Ils peuvent également manger des humains, en particulier des jeunes filles.

Certaines poésies médiévales légendaires parlent de chevaliers qui luttent contre des dragons terrifiants et carnaciers. Dans certains récits, l'horrible bête est défaite par le héro, qui gagne ainsi richesse et honneurs. C'est notamment le cas du mythe de Saint-George et du dragon. Dans d'autres, il perd et est tué.

Illustration dragon européen

Illustrations de dragons tirées du livre de 1678 du naturaliste allemand Athanasius Kircher

2. Le pays du dragon

En 1678, le naturaliste allemand Athanasius Kircher a décrit les habitudes des dragons dans son travail de fond sur la géologie, Mundus Subterraneus, ou "Monde souterrain". Une illustration montre les dragons légendaires du Mont Pilate, en Suisse, qui, dit-on, provoquaient de terribles tempêtes.

Une autre illustre un héros local : Vers 1250, le chevalier suisse Heinrich von Winkelried aurait tué un dragon belliqueux, mais serait mort après avoir touché son sang venimeux.

Basilic d'Aldrovandi

Basilic d'Aldrovandi, collection de livres rares

3. Roi serpent

Dans les contes d'Europe, le basilic était un être qui ressemblait à un dragon. On le décrivait comme un gigantesque serpent ou lézard avec une crête en forme de couronne. Certains écrivains lui ont donné le joyeux sobriquet de roi des serpents. Selon eux, il avait la capacité de tuer un homme d'un simple regard.

4. Un visage familier

Le dragon est resté un puissant symbole de trahison jusqu'à l'ère industrielle. Cette caricature politique montre des troupes alliées combattant l'armée allemande sous la forme d'un dragon vers le début de la Première Guerre mondiale.

Dragon dans un journal du début du 20ème siècle

Trotsky tuant le dragon de la contre-révolution. Caricature probablement de Damblans dans Le Petit Journal du 20 septembre 1914

5. En un coup d'œil : Le dragon européen

Les récits Européens sont remplis de dragons qui crèchent dans des marais ou des grottes. Souvent, ces lieux sont situés à proximité de là où des animaux fermiers se trouvent. Quelques uns d'entres eux roupillent durant toute la journée, puis se défoulent quand vient la nuit.

  • Il peut avoir des ailes.
  • Tuer les gens avec son souffle ardent et venimeux.
  • Peut étrangler de gros animaux avec sa queue.
  • Se déplace sur quatre pattes, deux pattes ou aucune.

6. Ce qu'on en dit

"Le dragon commença à cracher des flammes et à brûler de brillantes fermes ; il y eut une lueur chaude qui effraya tout le monde, car le vil ailier du ciel ne laissait rien de vivant dans son sillage" - Beowulf, 700-1000 après J.-C.

7. Encyclopédie des serpents

Dragon d'Aldrovandi

Gesner dragon

Illustrations de dragons ailés d'Aldrovandi et de Gesner / collection de livres rares - Bibliothèque du Musée américain d'histoire naturelle

Les naturalistes Européens considéraient autrefois le dragon comme un proche parent du serpent. Dans un texte datant de 1640, Ulisse Aldrovandi, professeur de sciences naturelles à l'université de Bologne, évoque leurs habitudes. "Les dragons ailés qui volent à travers l'Afrique", écrit-il, "battent à mort de leur queue d'énormes animaux tels que les taureaux".

 Coptic dragon

Lettres de Saint-Paul, copte, Éthiopie, date inconnue

8. Texte religieux

Le légendaire tueur de dragons Saint-Georges est un symbole populaire de la foi Chrétienne. Il est vénéré depuis longtemps dans l'Église orthodoxe éthiopienne, dont les racines remontent à plus de 1 700 ans.

Dans l'héraldique, les dragons du Moyen-Age sont devenus des créatures célèbres. En effet, on les aperçoit sur des sceaux, des bannières, des blasons et autres emblème symbolisant l'autorité.

Les saints qui sont venus à bout d'un dragon se retrouvent sur les pièces de monnaie des royaumes chrétiens. Cela dit, on les voit également dans le monde musulman. En Turquie et en Syrie, le tueur de dragons que les chrétiens appellent Saint-Georges est parfois vénéré comme Al Khidr, un patron musulman du printemps et de la fertilité.


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